Voulez-vous participer à la révolution Ethereum ?

Culture web
Laurence Georges Par Laurence Georges
15 février 2017
ethereal project blockchain

La blockchain est une technologie qui fait couler beaucoup d’encre. Nombres d’articles ont été écrits pour essayer d’en faire comprendre le fonctionnement et les applications possibles.
Ne croyez pas à un phénomène de mode ! Une vraie révolution est en germe dans le monde du web !
Vous avez certainement entendu parler de Bitcoin ? C’est la blockchain publique la plus connue. Mais d’autres ont été conçues et l’une d’elles est particulièrement prometteuse : Ethereum

1) Une blockchain publique ambitieuse : Ethereum

La formalisation la plus connue d’une blockchain est celle du Bitcoin. Mais il en existe déjà d’autres.
Elle bénéficient toutes des avantages intrinsèques de la blockchain : sécurité, immuabilité, fiabilité et caractère public des données. De plus, aucun intermédiaire (middle-men) ou autorité centrale n’a de légitimité dans ce système.

C’est le cas de la blockchain Ethereum. Elle dispose par ailleurs de beaucoup plus de souplesse et de potentialités que Bitcoin qui se cantonne à des transactions de monnaie virtuelle. Certes, elle fait circuler une monnaie, l’ether, mais ce n’est qu’un composant de tout ce qu’elle va permettre.
En passant, l’ether est la deuxième devise virtuelle la plus échangée du marché !

Ethereum a été fondée par Vitalik Buterin fin 2013 et dispose déjà d’une communauté dynamique d’utilisateurs. (1)
Plusieurs phases de développement ont été prévues. Actuellement, elle est au stade 2, celui qui s’adresse aux développeurs.
La dernière phase dite « Metropolis » sera celle du lancement grand public. Elle mettra à disposition des utilisateurs une interface et un « DApp store », une boutique en ligne des applications qu’elle permet de concevoir.

Quel est le principe d’Ethereum ?

Ethereum met à disposition de tous un « gros ordinateur mondial » composé d’un réseau d’ordinateurs qui communiquent ensemble et partagent la même base de donnée, la blockchain.
A la différence de Bitcoin, Ethereum peut être programmée grâce à un langage dédié : Solidity (proche de javascript). Il permet d’y inclure des programmes autonomes qui s’exécutent en circuit fermé. Pour mieux comprendre, voyez le code source Ethereum comme un système d’exploitation d’un smartphone sur lequel des applications pourraient être développées.

Toutes les applications que permet Ethereum sont fondées sur un programme répondant à la notion de contrat ou smart contract.
Elles ont un nom : les dAPP ou applications décentralisées.
Ces contrats (ou programmes) s’exécutent automatiquement quand les conditions et limitations programmées au préalable sont réunies. Ils sont dits « smarts », intelligents, car ils sont capables de cette autonomie.
Tout ceci se fait sans autorité centrale de contrôle. Ainsi, il n’existe plus de moyen pour une des parties de faire obstacle à l’exécution du contrat.

Ethereum par l’exemple

Pour mieux comprendre, prenons l’exemple simple d’un contrat de prestation entre deux personnes. Un smart contrat va formaliser leur engagement dans la blockchain Ethereum. Les conditions de rémunération du prestataire seront en gage sur la blockchain. Si B, le prestataire, réalise son travail, l’argent de A, le client, est débloqué, sinon il lui revient.
Ce principe peut être à la base d’engagements beaucoup plus complexes devant tenir compte de beaucoup plus de conditions d’exécution : des cautions, des droits de préemption, des dates limites d’exécution etc.

2) Les Oracles, indispensables au bon fonctionnement des DApp

Si les conditions d’exécution d’un contrat dépendent de facteurs extérieurs à la blockchain, comme une information à récupérer sur une source de données externe, il faut désigner un « Oracle ». Car par construction, une blockchain est aveugle à ce qui se passe en-dehors d’elle, dans le monde réel. L’Oracle sera ses yeux. C’est lui qui inscrira l’information en temps voulu dans la blockchain.

L’Oracle peut être un tiers de confiance désigné par les parties, une base de données de confiance (des résultats officiels de courses de chevaux par exemple dans le cas d’une application proposant des paris sportifs) ou un service d’Oracle décentralisé.
Ce dernier système a le mérite de limiter le pouvoir de l’Oracle. Il peut fonctionner de 3 manières:

  1. La première possibilité est illustrée par Oraclize. Cette société propose de garantir l’honnêteté des données qu’il entre sur la blockchain avec une preuve d’honnêteté (TLS Notary proof).
    La condition est que les données doivent être disponibles sur un serveur et seront donc publiques et vérifiables. De la fiabilité des données rentrées par cet Oracle dépend sa réputation et sa survie en tant que prestataire de ce service.
  2. Un autre système d’Oracle décentralisé se base sur la collecte de l’information auprès d’un grand nombre de personnes votant pour le résultat qu’elles considèrent comme exact. (consensus-based Oracle). Gnosis et Augur travaillent sur ce principe.
  3. Un oracle physique peut être une solution également s’il faut récupérer une information physique comme une température. La société Ledger y travaille.

3) Et l’ether dans tout çà?

Mais à quoi sert l’ether dans cette blockchain me demanderez-vous?
Il permet de payer l’exécution de tous ces contrats par le biais d’une unité appelé le « gaz ».
Si vous connaissez un peu le principe de la blockchain, vous savez que la puissance de calcul ou ici d’exécution des contrats est partagée entre plusieurs ordinateurs d’utilisateurs. Ces derniers sont rémunérés en ether. D’ailleurs, à la différence des Bitcoins, les particuliers disposant d’un ordinateur standard avec une carte graphique récente peuvent s’y atteler. (1)

4) Quelques illustrations

Grâce à la blockchain Ethereum, les possibilités de développement d’applications sont infinies. Ces dernières permettent de repenser tout ce qui demande un contrôle centralisé.
Voici quelques illustrations donnant une idée des business models qui peuvent faire appel à cette technologie :

  • Slock.it est une start-up qui veut rendre des objets autonomes. Les principes du smart-contrat et de l’absence d’autorité centrale sont ici toujours sous-jacents.
    Exemple : nous pourrions signer des contrats avec des poignées de porte électronique !
    Imaginez ! Vous signez un contrat de location avec une porte qui une fois validé déclencherait son ouverture et la rémunération du propriétaire.
  • Provenance propose des solutions pour assurer la transparence et la traçabilité des chaines de production. Les données relatives aux produits, qu’ils soient alimentaires, industriels ou autre seront fiables et accessibles à tous. Qui prépare le produit, quelle sont les matières premières, d’où proviennent-elles, l’entreprise a-t-elle une démarche éthique ? Toutes les réponses à ces questions seront immuablement inscrites dans la blockchain Ethereum et infalsifiables par une autorité centrale.

On comprend mieux pourquoi Ethereum noue de plus en plus de partenariats avec les entreprises et est porteuse de nombreux projets. La technologie blockchain sur laquelle elle se fonde répond parfaitement aux désirs des utilisateurs : plus de transparence, de sécurité, plus de confiance, plus de démocratie, plus d’économie collaborative. Ajouté à cela, elle est programmable !
La technologie blockchain en général et Ethereum sont encore jeunes et nécessitent beaucoup de recherches, de questionnements et d’ajustements. Mais tout va très vite.
A vous, entreprises, administrations, porteurs de projets, de sauter dans le train en marche pour ne pas rater cette nouvelle révolution du web ! La concurrence est peut-être déjà entrain de s’y installer !

Plus d’informations sur :

(1) La communauté francophone est CryptoFR
(2) L’ether (ETH) dispose d’un potentiel beaucoup plus important que le Bitcoin : taille des blocs plus importante, vitesse de minage plus rapide, possibilité de minage des particuliers via un matériel informatique standard ….. En effet, dans le cas des Bitcoins, les mineurs doivent tous disposer d’un matériel informatique performant équipé de puces Application Specific Integrated Circuit (ASIC). Les mineurs individuels sur Bitcoins n’existent plus. Il faut travailler en équipe pour arriver à avoir assez de puissance de calcul et pour que ce soit rentable.
Voyez par exemple la vidéo montrant un site de minage en Chine.
https://bitcoin.fr/au-coeur-de-la-mine2/

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