Petit guide pour comprendre enfin ce qu'est la blockchain !

Culture web
Laurence Georges Par Laurence Georges
10 février 2017
comprendre la blockchain

La blockchain serait la nouvelle révolution dans le monde du web ! Tout le monde en parle, personne ne veut louper le coche, mais souvent on n’y comprend pas grand chose.
Voyons un peu de plus près ce qu’est cette nouvelle technologie, comment elle peut être utilisée et en quoi elle peut complètement changer notre rapport au web en tant qu’utilisateurs.

1) Le principe d’une blockchain

Nous sommes dans un contexte où l’anonymat, la sécurité des données et l’autonomie des individus sur le web sont de plus en plus menacés. Comment ne pas avoir entendu parlé de la dernière révolution en date, le Big Data, qui permet de collecter des volumes pharamineux d’informations sur les internautes souvent sans leur consentement ?

Big Data : enjeux, perspectives et incertitudes d’une omniscience en devenir

Dans cet univers de méfiance grandissante des internautes émerge la technologie web de la blockchain baptisée ainsi par son inventeur Satoshi Nakamoto (son identité est mystérieuse).

C’est un système de stockage et de transmission des informations complètement sécurisé, fiable et transparent pour ses utilisateurs et qui fonctionne surtout sans organe de contrôle centralisé.
Une blockchain peut être publique ou privée (réservée dans ce cas à un nombre précis d’utilisateurs)

On peut comparer la blockchain publique à un grand registre ouvert et infalsifiable qui compile toutes les opérations effectuées par les utilisateurs de ce système.
Potentiellement, on peut y écrire tous types d’actes et de transactions importants que l’on effectue et qu’on veut être visibles de toute la collectivité avec la certitude qu’ils ne seront ni falsifiés ni effacés : actes de propriété, diplômes, transactions financières…

Le contrôle de ce registre est effectué par une partie de ses utilisateurs, les mineurs, qui se rémunèrent en monnaie virtuelle (token). Ces mineurs sont en mesure de fournir de la puissance de calcul au réseau qui est contrôlé collectivement. Ce sont eux qui valident les transactions dans un bloc. Ils les valident grâce au principe du « proof-of-work » ou du moins énergivore « proof-of stake ».

Toute blockchain nécessite l’utilisation d’une monnaie pour effectuer les transactions. Elle permet de convertir des mineurs et de les inciter à sécuriser le réseau.

C’est donc un système décentralisé où les particuliers s’épaulent et se complètent. Il colle parfaitement aux aspirations des citoyens qui sont de plus en plus conquis par les principes d’une économie collaborative !

Et c’est tout naturellement en 2008, dans un contexte de crise financière, de confiance en les états et les banques que la blockchain se formalise avec le projet Bitcoin, nouvelle monnaie digitale.

Le principe du Bitcoin est un système de paiement basé sur un pouvoir décentralisé détenu par les particuliers face aux banques et aux entreprises, face à toute autorité centrale. Très séduisant !

2) L’illustration de l’application d’une blockchain publique à une monnaie, le Bitcoin

Le bitcoinPour mieux comprendre le fonctionnement de la technologie de la blockchain, voyons ce premier projet sur laquelle il s’est bâti : le Bitcoin, monnaie digitale.

En pleine crise financière, l’idée était de créer une monnaie digitale qui ne dépende pas des banques ou des états. Quand vous payez sur le web, tout transite par les banques ! L’idée était de sortir de ce schéma. Le Bitcoin n’est ainsi pas garanti par une autorité supérieure centrale contrairement à l’Euro qui est régit par la Banque centrale européenne. Il est garanti par toute la communauté des utilisateurs.

Avec le Bitcoin, les utilisateurs détiennent une monnaie virtuelle qu’ils s’échangent directement d’utilisateurs à utilisateurs. Elle passe de main en main via le web, ou plutôt d’ordinateur à ordinateur, selon le principe du « peer-to-peer ».
Le principe du « peer-to-peer » existe depuis longtemps. Souvenez-vous de Napster ou Kazaa qui mettaient à disposition de la musique entre ses utilisateurs et ceci sans intermédiaire !

Mais ici la nouveauté avec la technologie de la blockchain est que tous les échanges, les transactions effectuées entre les utilisateurs sont mentionnées sur un registre collectif. Certains des utilisateurs en réseau ont une copie du registre dans lequel elles sont mentionnées et ineffaçables.
Les transactions sont inscrites dans un « bloc » qui est validé collectivement puis mis à la chaîne des autres blocs déjà validés. Les transactions sont ordonnées et horodatées.
L’information est stockée partout sur toute la chaine de blocs.
Il existe donc un long historique de tous les mouvements effectués. Mais cet historique est impossible a perdre ou modifier car il est conservé par les utilisateurs. Pour le modifier il faudrait pouvoir intervenir sur une grande partie des données du registre réparties chez tous les utilisateurs ! Impossible techniquement.

L’intérêt de cette technologie dans le cas du Bitcoin est que la « communauté » sait si vous avez l’argent pour payer tel autre utilisateur. C’est seulement quand elle a validé cela que la transaction peut se faire. Vous ne pourrez ainsi pas payer 2 fois avec le même Bitcoin par exemple.

Sécurité, fiabilité, désintermédiation (qui limite les coûts d’infrastructure ) et anonymat sont les grands avantages de la technologie blockchain.
Les transactions sont sécurisées car cryptées et l’anonymat des utilisateurs est de ce fait garanti.

3) Des possibilités infinies

Le principe des blockchain, des base de données sécurisées et distribuées sans contrôle central ouvre donc de grandes perspectives. Dans le cas du Bitcoin, elle sert à inscrire des transactions mais les possibilités sont bien plus grandes.
Elle peut être utilisée dans un nombre impressionnant de champs d’application: finance, éducation, administration, immobilier, santé, banques …

Elle répond toujours à une attente des utilisateurs, à un besoin d’échange de données fiables, contrôlées et sécurisées et bien sur à une supervision décentralisée.
On trouve ici une nouvelle alternative à une organisation jusqu’à maintenant exclusivement pyramidale.

Voici quelques exemples parmi d’autres de ce que l’on peut imaginer avec la technologie blockchain :

  • Dans le Cloud computing, le problème principal est la sécurité des données placées dans des espaces de stockage consultables à distance (des serveurs). La blockchain permet de contourner cela avec un système de stockage en cloud distribué. La start-up Storj propose à ses utilisateurs de louer l’espace disque de plusieurs utilisateurs volontaires. Si vous voulez faire héberger un fichier il sera ainsi distribué entre plusieurs serveur et vous seul pourrez le reconstituer. Les utilisateurs qui hébergeront les fragments de fichiers seront rémunérés en token.
  • Arcade City est une plateforme de covoiturage lancée en 2016 aux Etats-Unis. Elle permet aux conducteurs et passagers d’entrer en relation sans qu’un intermédiaire ne prenne de commission (à la différence de Uber qui fait fait intervenir son entreprise mais aussi la banque pour le paiement).
    Ici, les transactions sont validées par le réseau. Elles peuvent se faire si le réseau a validé que les différentes parties disposent des bons moyens pour la mener (les fonds,
    Les usagers peuvent choisir leurs conducteurs et ces derniers leurs prix en mode peer-to-peer. Ils peuvent proposer de payer via l’application ou autre. Les chauffeurs deviennent entrepreneurs et ne dépendent plus de décisions et tarifs fixés par une autorité centrale.
    Arcade city a voulu intégrer la blockchain Ethereum pour bénéficier des avantages d’une communauté dynamique, d’une plateforme solide. L’objectif final est qu’Arcade City soit détenue par les chauffeurs à 100% et que les transactions soient payées en token.
  • Synereo veut devenir le nouveau réseau social de référence répondant aux principes de la blockchain. Les utilisateurs utilisent un logiciel sur leur ordinateurs et reprennent le contrôle de leurs données. Les identités, les données ne sont plus détenues par un organe central comme Facebook.
    La pertinence de leurs publications (selon un principe « d’unité de mesure de l’attention » ) est récompensée en AMPs ( monnaie du système). Plus vous intéressez les utilisateurs, plus ce que vous diffusez est pertinent et relayé, plus vous touchez des AMPs.
    http://www.synereo.com/

Les possibilités que la technologie blockchain va permettre ces prochains temps sont très séduisantes.
Cependant, nous en sommes encore au début comme le réseau internet à préexisté au web. Elle a encore ses limites : elle est énergivore (la sécurisation du réseau utilise beaucoup d’électricité), elle n’est pas encore au point en matière d’expérience utilisateur, ni forcément adaptée à un passage à grande échelle. De plus les projets qu’elle peut inspirer posent souvent des soucis juridiques et éthiques.
En tous cas, l’effervescence est manifeste, les starts-up qui l’utilisent dans leurs projets sont de plus en plus nombreuses. La start-up blockchain France veut pour cela rendre attentif les acteurs du web français de l’importance de ne pas passer à côté de cette révolution.

Pour compléter notre article vous pouvez vous rendre sur https://blockchainfrance.net

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