Spam : petite histoire des pourriels

Culture web
Par willy aboulicam
01 juillet 2013
spam

Il est loin le temps où les gens seuls et sans amis ne recevaient jamais de courrier ! Grâce aux spams, leur boîte aux lettres est pleine tous les jours ! Inutile d’expliquer ce qu’est le « spam », il suffit d’aller faire un tour sur votre logiciel de messagerie pour en avoir toute une collection ! Ils sont les équivalents des prospectus qui remplissent nos boîtes aux lettres (les physiques, celles que l’on ouvre avec une clef en fer).

C’est un certain Gary Thuerk qui, en 1978, fut le premier petit malin qui compris qu’il était vraiment très facile d’envoyer d’un clic un message publicitaire à des centaines de personnes grâce aux adresses e-mail. 600 personnes connectées au réseau ARPAnet (l’ancêtre d’internet) reçurent son message, et beaucoup condamnèrent cette pratique jugée d’emblée abusive. 35 ans plus tard, force est de constater que ce Gary a fait des émules : quelles que soient les sources, on estime que les courriers non désirés à caractère commercial représentent plus de 90 % des messages échangés. Et si d’autres mots comme « pourriels »  sont apparus en France et au Canada pour les dénommer, c’est pourtant l’étrange terme de « spam » qui demeure le plus utilisé, y compris en Europe.

L’histoire de ce terme et de sa propagation virale illustre une nouvelle fois comment les mots et les sens trouvent sur les réseaux des chemins nouveaux et originaux. Par cette magie, une marque de jambon épicé en boîte (Spiced Ham), mets récurrent dans la gamelle des soldats de la Seconde Guerre mondiale, se retrouve aux côtés des mots doux de nos proches.

C’est d’abord la faute aux Monty Python et de leur Sketch « Spam »  de 1999 dans lequel le nom de la boîte de conserve finit par envahir toutes les conversations.

Très appréciés des premiers internautes, les humoristes britanniques eurent très tôt sur Usenet un newsgroup qui leur était consacré, newsgroup dans lequel le sketch « spam » fut très souvent évoqué, puis parodié : les contributeurs utilisant de la même façon le terme de manière récurrente, envahissante. Il ne fallut pas longtemps pour que les parodies du « spam » contaminent d’autres newsgroups, et que le terme soit utilisé par les contributeurs pour qualifier un message inopportun. A l’origine, le Spam est un donc un mème, une de ces vidéos amusantes qui se propagent comme une traînée de poudre.

Le spam n’est donc plus de la viande, mais il reste souvent très épicé : les sites à caractère pornographique utilisent largement de moyen de promotion, ainsi que le secteur de la contrefaçon, les médicaments censés doper les performances sexuelles et les arnaqueurs de tout poil.

Contre le spam, la lutte est acharnée ! Des systèmes et des logiciels antispam tentent d’enrayer la prolifération des spams. Mais les spams ont souvent une longueur d’avance ! On retrouve désormais des spams dans nos téléphones portables et dans les blogs. Les spams sont parfois freinés par la fermeture de sites diffuseurs de spams : en 2008, la fermeture d’un seul site a fait chuter le volume des spams de 70 %… Pour seulement deux mois ! Car les inventeurs de spams ont trouvé la parade : des virus qui transforment votre PC en « machine zombie » qui envoie partout des spams ! Pourtant, les enjeux de la lutte contre les spams sont multiples : fiabilité des échanges, sécurité et économie d’énergie. Car les spams ne sont pas gratuits : les spams font gaspiller plus de 33 milliards de kWh par ans ! Alors si vous recevez un courrier non sollicité, n’hésitez spam : jetez-le de ce spam !

Willy Aboulispam

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