Etre ou ne pas être anonyme sur internet, ou comment se cacher sans disparaître.

Culture web
Par willy aboulicam
27 mai 2013
anonymat

Avec l’utilisation du réseau internet dans tous les aspects de notre vie et la multiplication des fichiers et qui y sont associés, ceux qui s’en donnent les moyens peuvent connaître tout ou presque de notre vie privée. Comment ceux qui rêvent encore d’anonymat trouvent-ils encore les moyens de se cacher ?

S’il est une évidence que chaque personne qui se connecte au réseau pour acheter un livre ou consulter la météo doit toujours avoir en tête, c’est que chacun de ses gestes sur le réseau est visible de ceux qui trouvent un intérêt quelconque à posséder et exploiter cette information : la liste des sites visités, les objets achetés, leur fréquence, et bien sûr toutes les informations personnelles déposées sur des réseaux sociaux, même sous condition de confidentialité. Il suffit de faire un tour sur le site www.anonymat.org pour réaliser que toute connexion vous expose à une identification. Pour beaucoup d’entre nous, notamment les plus jeunes, cette absence totale d’anonymat n’est pas un problème. Ils éprouvent bien un agacement à se voir proposer des publicités qui révèlent une connaissance précise de leur activité sur le réseau, mais ils utilisent aussi à leur profit les nombreux services de personnalisation offerts par les sites marchands : espaces personnels, offres ciblées, gestions de comptes personnels…

Pourtant, au nom du droit à la protection de la vie privée et de la sécurisation des données, nombreux sont ceux qui aspirent encore à un véritable anonymat sur la toile. Ils ont à leur disposition un certain nombre de moyens techniques et quelques stratégies d’évitement.

  • Ils peuvent par exemple faire appel à des services d’anonymisation qui, par le truchement de serveurs proxy, vont rendre difficile la détection de leur adresse IP. En termes simples, ces services vous offrent la possibilité de surfer sans que les sites que vous visitez puissent savoir qui vous êtes.
  • Les réseaux anonymes tels que TOR (pour « The Onion Router »), qui nécessitent le téléchargement d’une application dédiée offrent une navigation difficilement détectable. Ces sites, parfois payants, offrent divers services, dont des hébergements de sites « cachés », voire l’accès à l’opacité du web profond.
  • D’autres services d’anonymisation sont disponibles dont notamment des services de messagerie électronique et des systèmes d’échanges de fichiers pair à pair.

Comme on le voit, les moyens d’aller faire un tour sur la toile en portant un masque relativement opaque existent. Relativement bien sûr, puisque qu’aucun d’entre eux ne saurait résister aux investigations les mieux armées.

Mais pour beaucoup d’entre nous, le mal est fait : nos informations personnelles figurent déjà dans de nombreux fichiers. Ils peuvent bien essayer encore de quitter Facebook pour le réseau social anonyme Expérience Project (www.experienceproject.com) qui compte déjà 26 millions de membres, ou faire valoir un droit à l’oubli qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.

S’ils ont la malchance de posséder quelque originalité, comme un nom rare ou un code postal peu usité, il sera très facile de les identifier. Il ne leur restera alors qu’un recours, pratiqué par un grand nombre d’entre nous : le mensonge pur et simple. Nous sommes en effet très nombreux à remplir les formulaires qui nous sont soumis d’informations totalement fausses. En multipliant les fausses données, fantaisistes et contradictoires, on produit ainsi un écran de fumée contre les regards indiscrets.

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